La contrefaçon : tous acteurs de cette guerre de l’innovation La contrefaçon dans le secteur des matériaux de construction

Thématiques : Innovation
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Fléau économique mondial, la contrefaçon touche toutes les filières et tous les secteurs économiques. Souvent dangereuse pour la sécurité des consommateurs, elle pénalise le commerce, l’investissement et fait peser sur les entreprises innovantes des coûts exorbitants. Le plateau d’experts et d’industriels réunis en table-ronde le 14 octobre dernier par l’ACAM (Association des journalistes des activités de la Maison) est unanime sur la nécessité de lutter tous azimut contre ce marché aux mains d’opportunistes portant atteinte à l’idée même de progrès.

Parmi les conférenciers, Charles Poisson, Directeur R&D de Nicoll, apportait son éclairage sur la contrefaçon dans le secteur des matériaux de construction :

 Médicaments, pièces détachées, pièces industrielles à forte valeur ajoutée : la contrefaçon n’est plus réservée aux objets de mode ni aux marques de luxe.

Si l’imitation a toujours existé - au 18ème siècle, les porcelainiers français imitaient les chinois - le phénomène connait depuis une vingtaine d’années une croissance exponentielle. La contrefaçon concernerait aujourd’hui 8 à 10 % du commerce mondial et 6 milliards d’Euros uniquement pour la France.  

Allant de l’inspiration à la copie pure et simple d’un produit, de l’imitation du logo d’une marque à celle d’un point de vente... 

... ce mal aux multiples facettes possède le dénominateur commun de ne s’attaquer qu’aux entreprises leaders et innovantes. La guerre de la contrefaçon est aujourd’hui celle de l’innovation dont l’arme principale est le dépôt de brevet, de marque et de modèle. Régulièrement copié en tous points du globe, Nicoll livre quelques chiffres éloquents : l’entreprise choletaise consacre 3 à 5 % du budget Recherche & Développement d’un nouveau produit à sa protection. Et quand elle investit plus de 2 millions d’Euros dans le développement d’un nouveau produit à forte valeur ajoutée, il n’en coûte que 800 000 Euros au concurrent qui le copie. Avec 1 500 brevets actifs, le leader mondial des ferrures pour l’ouverture et le fermeture de meubles, Blum, consacre quant à lui 1% de son chiffre d’affaires à la protection des ses solutions innovantes. Innover à un coût, protéger à un coût, se donner ensuite les moyens de défendre ce droit de propriété intellectuelle en a également.

Extrêmement coûteuse pour toutes les entreprises innovantes, la contrefaçon est également préjudiciable aux consommateurs.

Près de la moitié des acheteurs d’un produit contrefait pense avoir à faire au produit original et se poser simplement la question « est-ce que j’achète le bon produit au bon endroit ? » suffit déjà souvent à flairer une possible contrefaçon. Il faut conserver à l’esprit qu’un produit contrefait est un produit illégal et qu’acheter un produit illégal ou le distribuer constitue une infraction. Dans la grande majorité des cas, l’acheteur comme le distributeur sont des victimes. Conscient de ce grave problème, de nombreux industriels tels que Nicoll ont fait de leur réseau commercial un outil très efficace de détection mais aussi de sensibilisation et de formation auprès des distributeurs et des installateurs. Acheteur, réseau commercial, douane, police, justice : les acteurs de la lutte contre la contrefaçon sont multiples et tous les avis s’accordent sur le fait qu’informer, sensibiliser et faire prévaloir ses droits sont le point de départ d’une action efficace.  

En savoir plus : « La guerre de la contrefaçon » - Bleuzenn Monot – Editions Ellipses